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À l’instar du droit de cuissage au Moyen Âge, le droit de corrompre est une légende vivace à laquelle certains semblent tentés de croire. Comme les seigneurs féodaux se persuadaient qu’ils étaient fondés à violer leurs domestiques, un petit nombre de dirigeants politiques semblent ainsi convaincus qu’ils sont légitimes à pratiquer des malversations, sans avoir à rendre de comptes. S’ils ne sont qu’une minorité d’élus à agir ainsi, les atteintes à la probité – qu’il s’agisse de corruption, de trafic d’influence, de détournement de fonds publics, de favoritisme, de concussion ou de prise illégale d’intérêts – ont augmenté de 60 % entre 2020 et 2025.
Cette délinquance en col blanc, qui s’explique justement par un sentiment de toute-puissance et d’impunité, abîme notre démocratie et conforte l’idée d’un « tous pourris » qui fait le lit des populismes.
Cela n’a rien d’une fatalité. Dans un monde idéal, les politiques devraient être d’une sévérité absolue avec celles et ceux qui abusent de la confiance de leurs administrés ; dans notre monde, c’est sur les médias indépendants et les associations de lutte contre la corruption que repose la possibilité d’une mobilisation générale.