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De la même manière que certains seigneurs féodaux se persuadaient qu’ils étaient en droit de violer leurs serfs, certains dirigeants politiques français semblent croire qu’ils sont légitimes à pratiquer des malversations, sans avoir à en répondre. Bien que ce comportement ne soit pas répandu parmi les élus, les atteintes à la probité, qu’elles soient des cas de corruption, de trafic d’influence, de détournement de fonds publics, de favoritisme, de concussion ou de prise illégale d’intérêts, ont augmenté de 60 % depuis 2020.
Cette forme de criminalité en col blanc, qui est souvent motivée par un sentiment de toute-puissance et d’impunité, érode notre démocratie et renforce l’idée d’un « tous pourris », qui sert de terreau aux mouvements populistes. Cela n’a rien d’une fatalité. Dans un monde idéal, les dirigeants devraient adopter une approche ferme envers les personnes qui trahissent la confiance de leurs électeurs. Dans notre monde, les médias indépendants et les organisations anticorruption sont les seuls espoirs d’une mobilisation générale.
L’essai incisif d’Inès Bernard arrive à pic alors que de hauts personnages politiques – dont un ancien président de la République et la cheffe d’un parti – ont été récemment condamnés pour malversations.